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  • : J'écris pour vaincre mon ennui. Vous me lisez pour vaincre le vôtre. J'espère qu'en le battant, je ne vous ai pas fait perdre...

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Vendredi 31 octobre 2008 5 31 /10 /Oct /2008 15:56

La Toussaint est une sorte de Saint-Valentin pour les morts : on offre des fleurs une fois par an pour montrer qu'on pense à quelqu'un qu'on n'a pas su ou qu'on ne sait pas aimer le reste du temps. Pour Halloween, il faut faire peur pour avoir des sucreries : des bonbons ou je te jette un sort. Je ne veux ni bonbons, ni de mal aux gens, néanmoins je vous propose une histoire effrayante ('fin pas trop) et certifiée 100% authentique (même si la phrase de conclusion entre guillemets n'engage que moi...)




Lorsque des parents, peu soucieux du bien-être d
autrui, « infligent la vie » - pour reprendre la formule utilisée par le Vicomte de Chateaubriand - à leur progéniture, s’imaginent-ils, ces acrobates de la partie de jambes en lair non protégée, quels tourments sont-ils en train de transmettre au, plus pour longtemps, joyeux bébé !? Je ne me souviens plus guère de mes premiers temps sur cette Terre. Est-ce vraiment important ? Pour vous, peut-être pas, mais pour moi, ça lest (ou sucré) ! Les événements du jadis expliquent nombre de comportements du de nos jours. Quand javais cinq ou six ans dâge, javais une peur bleue daller dormir dans la nuit noire et donc blanche pour le garçonnet que je fus. La raison en était simple : jétais persuadé quun ogre voulait me manger (on ne rigole pas !). Dès que la lumière se fermait et que mes yeux séteignaient (ou linverse), je percevais clairement les pas du monstre nocturne. BAM BAM BAM ! Le bruit était sourd et régulier comme celui de la pendule dont les secondes semblaient rythmer lallure de mon empêcheur de dormir. Je me réfugiais, tête comprise, sous mes couvertures en essayant de me faire le plus plat possible pour quil ne remarque pas ma présence grâce à ses yeux que je pensais sombres, et en respirant en apnée pour que ses oreilles que jimaginais immenses comme ma peur et pointues comme cette description nentendent ma respiration. Au cas où il me trouvait, javais pris soin de laisser en évidence ma peluche pour me laisser le temps, pendant quil ingurgiterait mon compagnon denfance (et dadolescence, mais ça, est-ce bien raisonnable de vous le dire ?) de courir jusquau lit parental où mon père, voire ma mère, aurait été en mesure de me défendre. A chaque fois que le jour plongeait dans ses ténèbres, je me noyais dans mon délire. Ma joue se posait à peine sur loreiller que logre réapparaissait. Je voyais très bien son parcours : il suivait le chemin inverse de celui que jeffectuais pour me rendre à lécole primaire. Il partait de ma classe, arpentait les rues de ma jeunesse et sapprochait de notre quartier, puis, à une cadence de plus en plus vive, de notre maison. Il aurait pu continuer sa route, mais dun pas toujours plus ferme et décidé, il semblait mavoir ciblé. Lentrée, le couloir, ma chambre, mon lit et je me réveillais à laube sans mêtre rendu compte de mêtre endormi. Plus tard, ce cauchemar de pré-sommeil (puisque jétais conscient, je vous le rappelle) disparut. Cest alors, quune dizaine dannée après ces faits, en pleine période adolescente, me couchant en prenant dans mes bras mon amour, ma petite amie, ma compagne, ma dulcinée, mon amante c’est-à-dire ma fidèle peluche, le phénomène puéril se reproduisit. Logre de mon passé ressuscitait dans mon présent. Plus fort, plus courageux et plus viril quautrefois, ou devrais-je dire moins faible, moins trouillard et moins femmelette quauparavant, je cherchais alors à résoudre le mystère de ce bruyant et effrayant personnage qui revenait me hanter. Mon imagination était intacte, je fermais les yeux, la joue posée sur lédredon et ses pas résonnaient de nouveau dans ma tête. Cette fois-ci, plutôt que de remettre mon courage à demain, je le pris à deux mains. Plus question de me dissimuler sous mon abri de coton. Je restais bien visible, protégeant mon épouse (vous savez de qui je parle) et étant près à en découdre avec mon ennemi. Les minutes passaient, les pas saccéléraient et ralentissaient et aucun ogre à lhorizon. Pourtant, jétais sur mes couvertures et jétais sûr quil était là, derrière la porte, à mattendre. Je bondis hors de mon alcôve, ouvris la porte du secret et rien ! Pas dogre et plus de pas. Je retournais près de ma douce effrayée pour la rassurer, jabandonnais mon crâne au polochon et, quelques minutes plus tard, le bruit reprenait de plus belle. Je relevais la tête, le bruit cessait, je la posais, il recommençait et ainsi de suite Vous avez donc saisi la clé de lénigme Quoi !? Vous ne comprenez toujours pas !? Laissez-moi vous déchiffrer la solution. Logre de mon enfance nétait autre que le fruit de ma fantaisie involontaire. Ce fruit a besoin dun arbre, et cet arbre nétait autre que ces BAM BAM BAM qui agitaient mon être. Où cet arbre prenait racine ? Dans ma poitrine ! Logre : cétait mon cœur ! Navez-vous jamais perçu vos battements cardiaques en couchant négligemment votre oreille sur votre oreiller ? Cest ce qui arriva à ce frêle enfant imaginatif qui fût l’ancêtre de ma vie. Vous allez me dire : « Et en quoi cet événement de ton jadis explique ton comportement de ton de nos jours ? ». Et je vous répondrai, avant daller chercher un sommeil qui me fuit toujours autant : « Mon cœur ne bat pas vite parce que j’ai peur… mais jai peur quand il bat trop vite »


Sur ce, veuillez agréer, cher ogre, chers lecteurs qui se sont moqués de ma première compagne de lit, cher cœur ainsi que les personnes trop chères à lui, l
expression de tous mes honneurs en particulier lexpression d’honneur que vous envoie mon bras...

Par Tadhg
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