Partager l'article ! Au bord d'elle: C ’était en Janvier. Nous pensions pouvoir tenir nos résolutions proclamées après une soirée réveillonesque éthylique et ...
Tadhg
Je passe le plus clair de mes nuits à nourrir
Des regrets et revivre
Un passé trop présent, je m'ennuie à mourir
Donc je m'occupe à vivre.
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C ’était en Janvier. Nous pensions pouvoir tenir nos résolutions proclamées après une soirée réveillonesque éthylique et nous nous
échangions nos « bonne année » coutumiers de la fête. C’était en Janvier alors que je ne m’y
attendais pas du tout que je l’ai rencontré. Son nom ? Elle ne me l’a jamais dit. Le mien ? Elle
s’en moquait. Si elle avait l’air confiante en ses charmes, pour ma part je doutais des miens. Il faut
dire qu’elle était à son avantage. La nudité exhibitionniste ne semblait pas la déranger, tandis que je peinais à enlever convenablement mon
pantalon, soumis à son jugement oculaire. Nous deux, ça a duré un mois. Je ne me souviens pas lui avoir dit au revoir ni même adieu et lorsque Février apparu, on l’avait remplacé par une autre, moins jolie mais tout aussi extravertie corporellement. Le mois le plus court de l’année
dura longtemps et Mars m’offrit une nouvelle compagne de luxure (Mars et ça repart !). Qu’elle fut
belle. Si belle que j’étais jaloux de devoir partager sa poitrine ferme et invitante, son fessier rebondi et ses lèvres humides (je ne vous dirais
pas lesquelles…) avec les autres obsédés masculins qui m’accompagnaient au bord d’elle. Le changement routinier fit que la venue d’un mois nouveau correspondait à l’arrivée d’une créature inconnue. En Avril, la demoiselle était fraîche comme un printemps et ne se recouvrait que d‘un
fil (une ficelle en l‘occurrence). En Mai, Juin, Juillet, Août et Septembre, cinq inédites rejoignirent le local et les locales. Nous voici en Octobre. J’ai pris confiance en mois (dix quand même). Je n’éprouve plus aucune honte ou remords à profiter de ces jeunes personnes du sexe faible qui, de
toute façon, font ce métier pour gagner leurs vies. Ma partenaire d’automne est Tahitienne. Personne ne m’a rien dit sur ses origines d’outre-mer, je l’ai deviné. Elle arbore une chevelure longue comme
ses jambes qui recouvrent ses seins des DOM-TOM (ce sont ses cheveux qui recouvrent sa poitrine, pas ses jambes… je ne fantasme pas sur les infirmes
!). Elle m’apparaît simplement vêtue d’un string qui cache son duvet pubien et je sens bien dans la
pièce le Tahiti gel douche en promotion en ce moment. Son petit minois des îles me fait succomber. Elle se lèche la bouche et je ne la lâche pas des yeux. J’enlève ma veste, ma chemise ou mon tee-shirt, mes chaussures, mes chaussettes, mon pantalon et mes dessous et laisse mes problèmes au placard pour m’atteler à la tâche et faire mon
travail.
Alors oui, j’en surprends déjà qui sont scandalisés
par ce libertinage auquel je me livre et me laisse aller. Je suis entièrement d’accord avec vous. Il s’agit là d’un vice. Pour ma défense, je vous avouerai que ma dépravation n’est pas choisie.
D’accord, je me soumets deux fois par jour (avant et après le boulot) à cette débauche de chair, mais ce n’est pas ma faute… on m’oblige !
Non, je ne fréquente pas les prostitués ! Je fais bien pire. J’occupe un vestiaire d’hommes ! Et mon voisin de casier arbore sur la porte du sien un calendrier de femelles en chaleur
qui se tripotent la vulve sous mes yeux ébahis devant tant d’exhibitionnisme mensuel. Car si les infâmes hommes qui bossent avec moi ne sont pas
dérangés par ses scènes plus pornographiques qu’érotiques, je suis franchement mal à l’aise de devoir
me mettre nu face à ces femmes à qui je n’ai même pas été présenté. J’ai mes règles (comme ne dit plus
ma mère). J’aime encore à penser qu’un homme et une femme doivent dévoiler leurs sentiments avant leurs
corps. Certes, elles sont belles, ces vénus de vestiaires, mais merde, je suis un grand timide, moi ! Vous êtes des gueux las de l’appréciation de la
beauté féminine pour m’infliger ces tourments, chers collègues de travail. Et encore, s’il
n’y avait que cette nudité omniprésente sur vos placards, j’essaierai de m’habituer. Mais, pervers que vous êtes ou êtes devenus, vous accolez
à vos posters lubriques les photographies de vos compagnes souriantes et parfois même de vos jeunes enfants édentés qui croient encore que la petite souris hante leur chambre, un porte-monnaie à
la patte.
Qu’on ne vienne plus me parler d’amour !
En ce qui me concerne, il n’y a rien sur la porte
de mon armoire. Mes illusions ne sont pas devant mes yeux, je les laisse s’agiter derrière. Ulysse, en son temps, demanda à son équipage de se cirer
les oreilles (faute de chaussures) pour ne pas céder à la tentation du chant des sirènes. Mais, curieux, il ordonna qu’on l’attache au mât de son navire pour ouïr les vibrations des femmes-poissons sans qu’elles ne le conduisent à plonger dans
les abîmes où il se serait noyé sans nul doute. Ce crétin ajouta que, sous aucun prétexte, ses hommes d’équipage ne devaient l’y détacher, même au cri de ses supplices (je dis ‘crétin’ car, de toute
façon, avec de la cire dans les esgourdes, ils ne l’auraient quand même pas entendu…). Ulysse se mit
sur son 31 (les amateurs de dessins animés comprendront), se fit attacher au poteau de bois, attendit le chant des sirènes et entendit le chant des sirènes. Comme prévu, il implora
qu’on le libère pour rejoindre les chanteuses aquatiques… mais sa requête resta sans
réponse…
Il faudra quand même qu’on m’explique un truc. Les sirènes sont peut-être belles. Elles entonnent probablement de sublimes airs dans l’eau. Elles
jouissent assurément de nombreuses qualités… Mais merde quoi, elles ont une queue de poisson !!! Il faut vraiment être un imbécile heureux (qui)
comme Ulysse pour abandonner son corps, son esprit et son âme à des demi-animaux. Ne voit-il pas, Ulysse, qu’il ne pourra pas les niquer !? Tu parles
d’un héros ! Il est plus aveugle que le cyclope cherchant Personne. Quand se trémoussent, sur le calendrier qui me fait face les jours de labeur, les
créatures de l’année en cours, je réalise bien que, malgré leur immense beauté retouchée par photoshop, leurs cuisses halées, leurs seins désirables,
leurs chevelures interminables, leurs regards de b(r)aise et leurs lèvres qui font envie aux miennes (je ne précise toujours pas lesquelles), je ne peux pas envisager quoi que ce soit
d‘autre que la béate
contemplation.
J’ai souvenir que Serge Gainsbourg disait
(peut-être en citant quelqu’un d‘autre) : « La laideur a l’avantage sur la beauté qu’elle dure ». Il faut se méfier des belles femmes. Les charmes les plus purs sont ceux
qu‘on ne voit pas, ceux qu‘on ignore en les soupçonnant. Je quête la pureté d‘âme, moi !
Lorsque je mange une pizza, je commence toujours par la croûte. Je garde le meilleur pour la faim. Avec le sexe opposé, je fais de même (non, ça ne signifie pas que je commence par les croûtes !
Bande de dégueulasses !).
Mes chers lecteurs, Novembre arrive à grands pas. Que va me réserver le calendrier du casier jouxtant le mien ? Mon intuition me laisse supposer que la prochaine fille aura un décolleté mortel.
Après tout, le onzième mois débute par l’atout
sein…
Sur ce, veuillez agréer, chers douze mois de l’année, chers hommes de vestiaires d’hommes, chers rugbymen du Stade Français qui ne valent guère mieux, chère Ulysse, chères sirènes,
l’expression de tous mes honneurs… en particulier l’expression d’honneur que vous envoie mon bras...