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  • : J'écris pour vaincre mon ennui. Vous me lisez pour vaincre le vôtre. J'espère qu'en le battant, je ne vous ai pas fait perdre...

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Dimanche 26 octobre 2008 7 26 /10 /Oct /2008 15:57

C était en Janvier. Nous pensions pouvoir tenir nos résolutions proclamées après une soirée réveillonesque éthylique et nous nous échangions nos « bonne année » coutumiers de la fête. Cétait en Janvier alors que je ne my attendais pas du tout que je lai rencontré. Son nom ? Elle ne me la jamais dit. Le mien ? Elle sen moquait. Si elle avait lair confiante en ses charmes, pour ma part je doutais des miens. Il faut dire quelle était à son avantage. La nudité exhibitionniste ne semblait pas la déranger, tandis que je peinais à enlever convenablement mon pantalon, soumis à son jugement oculaire. Nous deux, ça a duré un mois. Je ne me souviens pas lui avoir dit au revoir ni même adieu et lorsque Février apparu, on lavait remplacé par une autre, moins jolie mais tout aussi extravertie corporellement. Le mois le plus court de lannée dura longtemps et Mars moffrit une nouvelle compagne de luxure (Mars et ça repart !). Quelle fut belle. Si belle que jétais jaloux de devoir partager sa poitrine ferme et invitante, son fessier rebondi et ses lèvres humides (je ne vous dirais pas lesquelles) avec les autres obsédés masculins qui maccompagnaient au bord delle. Le changement routinier fit que la venue dun mois nouveau correspondait à larrivée dune créature inconnue. En Avril, la demoiselle était fraîche comme un printemps et ne se recouvrait que d‘un fil (une ficelle en l‘occurrence). En Mai, Juin, Juillet, Août et Septembre, cinq inédites rejoignirent le local et les locales. Nous voici en Octobre. Jai pris confiance en mois (dix quand même). Je néprouve plus aucune honte ou remords à profiter de ces jeunes personnes du sexe faible qui, de toute façon, font ce métier pour gagner leurs vies. Ma partenaire dautomne est Tahitienne. Personne ne ma rien dit sur ses origines doutre-mer, je lai deviné. Elle arbore une chevelure longue comme ses jambes qui recouvrent ses seins des DOM-TOM (ce sont ses cheveux qui recouvrent sa poitrine, pas ses jambes je ne fantasme pas sur les infirmes !). Elle mapparaît simplement vêtue dun string qui cache son duvet pubien et je sens bien dans la pièce le Tahiti gel douche en promotion en ce moment. Son petit minois des îles me fait succomber. Elle se lèche la bouche et je ne la lâche pas des yeux. Jenlève ma veste, ma chemise ou mon tee-shirt, mes chaussures, mes chaussettes, mon pantalon et mes dessous et laisse mes problèmes au placard pour matteler à la tâche et faire mon travail.


Alors oui, j
en surprends déjà qui sont scandalisés par ce libertinage auquel je me livre et me laisse aller. Je suis entièrement daccord avec vous. Il sagit là dun vice. Pour ma défense, je vous avouerai que ma dépravation nest pas choisie. Daccord, je me soumets deux fois par jour (avant et après le boulot) à cette débauche de chair, mais ce nest pas ma faute on moblige !


Non, je ne fréquente pas les prostitués ! Je fais bien pire. J
occupe un vestiaire dhommes ! Et mon voisin de casier arbore sur la porte du sien un calendrier de femelles en chaleur qui se tripotent la vulve sous mes yeux ébahis devant tant dexhibitionnisme mensuel. Car si les infâmes hommes qui bossent avec moi ne sont pas dérangés par ses scènes plus pornographiques quérotiques, je suis franchement mal à laise de devoir me mettre nu face à ces femmes à qui je nai même pas été présenté. Jai mes règles (comme ne dit plus ma mère). Jaime encore à penser quun homme et une femme doivent dévoiler leurs sentiments avant leurs corps. Certes, elles sont belles, ces vénus de vestiaires, mais merde, je suis un grand timide, moi ! Vous êtes des gueux las de lappréciation de la beauté féminine pour minfliger ces tourments, chers collègues de travail. Et encore, sil ny avait que cette nudité omniprésente sur vos placards, jessaierai de mhabituer. Mais, pervers que vous êtes ou êtes devenus, vous accolez à vos posters lubriques les photographies de vos compagnes souriantes et parfois même de vos jeunes enfants édentés qui croient encore que la petite souris hante leur chambre, un porte-monnaie à la patte.


Qu
on ne vienne plus me parler damour !


En ce qui me concerne, il n
y a rien sur la porte de mon armoire. Mes illusions ne sont pas devant mes yeux, je les laisse sagiter derrière. Ulysse, en son temps, demanda à son équipage de se cirer les oreilles (faute de chaussures) pour ne pas céder à la tentation du chant des sirènes. Mais, curieux, il ordonna quon lattache au mât de son navire pour ouïr les vibrations des femmes-poissons sans quelles ne le conduisent à plonger dans les abîmes où il se serait noyé sans nul doute. Ce crétin ajouta que, sous aucun prétexte, ses hommes déquipage ne devaient ly détacher, même au cri de ses supplices (je dis crétin car, de toute façon, avec de la cire dans les esgourdes, ils ne lauraient quand même pas entendu). Ulysse se mit sur son 31 (les amateurs de dessins animés comprendront), se fit attacher au poteau de bois, attendit le chant des sirènes et entendit le chant des sirènes. Comme prévu, il implora quon le libère pour rejoindre les chanteuses aquatiques mais sa requête resta sans réponse


Il faudra quand même qu
on mexplique un truc. Les sirènes sont peut-être belles. Elles entonnent probablement de sublimes airs dans leau. Elles jouissent assurément de nombreuses qualités Mais merde quoi, elles ont une queue de poisson !!! Il faut vraiment être un imbécile heureux (qui) comme Ulysse pour abandonner son corps, son esprit et son âme à des demi-animaux. Ne voit-il pas, Ulysse, quil ne pourra pas les niquer !? Tu parles dun héros ! Il est plus aveugle que le cyclope cherchant Personne. Quand se trémoussent, sur le calendrier qui me fait face les jours de labeur, les créatures de lannée en cours, je réalise bien que, malgré leur immense beauté retouchée par photoshop, leurs cuisses halées, leurs seins désirables, leurs chevelures interminables, leurs regards de b(r)aise et leurs lèvres qui font envie aux miennes (je ne précise toujours pas lesquelles), je ne peux pas envisager quoi que ce soit dautre que la béate contemplation.


J
ai souvenir que Serge Gainsbourg disait (peut-être en citant quelquun dautre) : « La laideur a lavantage sur la beauté quelle dure ». Il faut se méfier des belles femmes. Les charmes les plus purs sont ceux quon ne voit pas, ceux quon ignore en les soupçonnant. Je quête la pureté dâme, moi !


Lorsque je mange une pizza, je commence toujours par la croûte. Je garde le meilleur pour la faim. Avec le sexe opposé, je fais de même (non, ça ne signifie pas que je commence par les croûtes ! Bande de dégueulasses !).


Mes chers lecteurs, Novembre arrive à grands pas. Que va me réserver le calendrier du casier jouxtant le mien ? Mon intuition me laisse supposer que la prochaine fille aura un décolleté mortel. Après tout, le onzième mois débute par l
atout sein


Sur ce, veuillez agréer, chers douze mois de l
année, chers hommes de vestiaires dhommes, chers rugbymen du Stade Français qui ne valent guère mieux, chère Ulysse, chères sirènes, lexpression de tous mes honneurs en particulier lexpression dhonneur que vous envoie mon bras...

Par Tadhg
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