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  • : J'écris pour vaincre mon ennui. Vous me lisez pour vaincre le vôtre. J'espère qu'en le battant, je ne vous ai pas fait perdre...

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Mardi 16 septembre 2008

Nous y sommes ! La météo met tes hauts d’été au placard. Ton bonnet sur la tête, ton beau nez sous l’écharpe. Le temps se couvre, toi aussi. Les écoliers ressortent leurs feuilles, les arbres perdent les leurs, le temps est gris, les gens aigris. L’été terminé, l‘automne arrive à point nommé pour se faire l‘écho de notre humeur maussade. Untel se plaint déjà du crachin, untel se repasse et ressasse ses souvenirs de vacances, untel planifie ses prochaines, un téléphone sonne, je vais répondre…


Me revoilà, c’était une erreur.


L’automne est vraiment une saison particulière. Détestée par nombre de nos cons de citoyens, je me sens obligé de l‘aimer. Quand l’hiver lui succède, les enfants sont ravis à l’idée de jouer aux boules de neige et de recevoir leurs cadeaux du Père Noël… ainsi que quelques boules dans la gueule. Quand le printemps arrive, les amours naissent comme des bourgeons qui éclosent et disparaîtront dans quelques mois, les humains se posent sur leurs chaises et boivent des verres, les oiseaux se posent sur leurs pattes et mangent des vers. Quand l’été se pointe, enfants comme adultes se félicitent de pouvoir savourer leurs froids sorbets sur les plages de sables chauds où ils affalent leurs tièdes existences. Mais l’automne ! Ah non, personne ne se satisfait de le voir arriver. L’automne, c’est la rentrée des classes d’élèves et des classes moyennes. L’automne, c’est la saison maudite : la fête des morts, la fête des enfants encitrouillés qui viennent vider les caisses de sucreries des honnêtes gens pour remplir celles des dentistes, la commémoration de l’armistice de la Première qui nous permet de célébrer qui !?… encore des morts !… L’automne, il pleut des cordes : c’est la saison idéale pour se pendre. L’averse se déclenche, l’orage gronde, le vent secoue les arbres, les feuilles tombent sur les tombes, le tonnerre et les gouttes se conjuguent : la pluie d’eau tonne. Elle s’écoule du gris caniveau jusqu’au sombre égout. Et je me dis : le caniveau déteste-t-il le noir et blanc ? Ca se discute ! En revanche, il me semble que l’égout hait les couleurs ! Et ça, ça ne se discute pas ! A la radio, le bon vieux Joe nous parle de cette saison qui n’existe que dans le nord de l’Amérique - qu’il veut avoir et qu’il aura - et nous apprend que là-bas, on l’appelle l’été indien. Pendant ce temps-là, les Indiens - les vrais - souffrent de la sécheresse ou de la mousson. Le genre de personnes jamais contentes. Il pleut, ils se plaignent, il ne pleut plus, ils se plaignent encore… Au Journal Télévisé, j’en ai vu mourir à cause des inondations ! Pourtant, il y a quelques mois, un autre reportage expliquait qu’ils priaient leurs Dieux bizarroïdes pour avoir une bonne drache. Car, oui, en Inde, le mélange orage-eau dresse espoir. Les Indiens considèrent l’eau nouvelle comme une amie, mais je le demande : l’eau vieille, est-ce ennemie ? Pas de sectarisme : eau jeune, eau vieille, eau liquide, eau solide… : toutes ces eaux sont égaux… non, égales ! Hélas, cela n’empêche pas l’eau solide de toujours prendre un air supérieur et hautain. La prétentieuse Blanche-neige, s‘adressant à son entourage, maudissait ses compagnons hauts comme trois pommes empoisonnées en ces termes : "Neige a donc tant vécu que pour sept nains, famille !?"… Je m’égare de l‘Est. Il faut que je récite Le Cid… non, il faut que je reste lucide ! Comme toutes les saisons de la vie, l’automne passera et l’hiver prendra le relais. Dès l’aube levée, les clochards matinaux jauniront la blancheur de la neige en écrivant leurs surnoms à l’urine dans la poudreuse, les automobilistes n’ayant pas encore noirci de leurs pneus le sol et mon moral. Le courageux, bien qu’arabe, Rachid, épicier de son état et de son quartier sortira de chez lui pour rentrer sa livraison d’huile (la fameuse huile de Rachid). Constatant le refroidissement de la planète, il interpellera une de ses compagnes:


- "Il fi fro dihors ! Ramine mon gilet !".


- "Li bleu ?" questionnera la femme de Ménache (car notre homme se nomme Rachid Ménache).


- "Non !" rétorquera le polygame et de poursuivre "Ti sais pourtant qui li bleu c’est pour l’automne ! Là, il neige, c’est li vert !"


 

Sur ce, veuillez agréer, chers amis, chers ennemis, chers autres, l’expression de tous mes honneurs… en particulier l’expression d’honneur que vous envoie mon bras…

Par Tadhg
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