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  • : J'écris pour vaincre mon ennui. Vous me lisez pour vaincre le vôtre. J'espère qu'en le battant, je ne vous ai pas fait perdre...

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Vendredi 26 septembre 2008

Je n’aime pas les chiens ! Je ne les ai jamais aimé et je ne les aimerai sans doute jamais. Et le pire dans toute cette haine moins unilatérale que les défenseurs de ces bêtes féroces soi-disant domestiquées veulent le penser, le pire c’est qu’on veut m’interdire de ne pas apprécier ces infâmes quadripèdes puants et répugnants qui cachent derrière leurs regards pleins de rien une inintelligence telle qu’ils seraient capables, s’ils savaient lire, de trouver en Paul Eluard un talent de poète. Pour être honnête, je ne déteste pas tous les chiens. Ceux qu’un malencontreux accident provoqué par un chauffeur éthylique a fait opté pour des roulettes en guise de pattes arrières m’enchantent. Déjà parce qu’ils ne peuvent pas me sauter dessus et répandre leurs baves odorantes et collantes sur mes tenues magnifiquement assorties. Ensuite parce qu’ils sont marrants. Ca m’étonne d’ailleurs que Monsieur Dieu, qui a créé à merveille des merveilles (la Terre, l’Homme, le ciel, les étoiles, le football, le décapsuleur… pour ne citer que les plus importantes), ait pu penser à mettre des pattes arrières aux chiens plutôt que ces désopilantes roulettes. Il devait être fatigué après avoir injecté autant de contradictions chez les femmes, je ne vois pas d’autre rationnelle explication. Alors, qu’on me pardonne, mais les chiens, je n’aime pas. Cependant, je les apprécie plus que leurs maîtres ! Parce que les possesseurs de clébards, au niveau cons, on ne fait pas mieux. L’un d’entre eux m’apostrophait récemment en ces termes :


"Celui qui n’aime pas les chiens n’aime pas les humains !".


Profitant de la chance d’avoir un pareil nigaud comme interlocuteur, je faisais l’étalage de tout mon cynisme et de mon immense culture en lui lançant comme on lance un bâton à un berger allemand (le célèbre bâton de berger) :


"Un illustre chancelier cynophile s’est d’ailleurs fait connaître pour sa philanthropie…".


Devant l’air de rien affiché par le maître de Ser et Moni (ce sont les sobriquets de ses chiens), je réitérais ma réplique en traduisant à un niveau plus accessible à sa misérable cervelle :


"Adolf Hitler avait un chien !".


"Ouais mais c’est pas pareil…".


"Bien sûr que si ! Hitler, modeste employé du gaz, aimait la race canine, mais pas la race juive. Alors que Jésus, simple boxeur qui multipliait les pains dans la gueule, aimait l’humanité et a été traité comme un chien !".


Conclusion : Les gens qui aiment les chiens n’aiment pas les humains et les gens qui n’aiment pas les chiens aiment les humains. Avec les généralités, on peut tout faire dire...


Pour ta culture personnelle, lecteur, sache que le chien du Führer n’était autre qu’une chienne, une bergère allemande (ça ne s’invente pas) prénommée Blondi ! Et comme la mode évolue au fil du temps, il est intéressant de constater que, de nos jours, les chefs d’Etat préfèrent appeler ce qui leur tient compagnie : Bruni… Aie aie aie (rien à voir avec le salut Hitlérien), si Nicolas tombe là-dessus, pour moi, ça va commencer à sentir le roussis. Et puis, ne pas aimer les chiens ne signifie pas ne pas aimer tous les animaux. J’en aime certains. Surtout s’ils sont cuits et dans mon assiette… Non, bien sûr que j’aime des animaux. Ceux dans les yeux desquels on décèle une once d’intelligence. Et ce n’est pas le cas des clebs ! Alors que le chat, c’est quand même autre chose. Une grâce féline à faire aboyer tous les cabots de jalousie. Une esthétique qui rend le loyal canin pataud. Ce n’est pas un hasard si Charles Baudelaire les célébrait. On dira ce qu’on veut, mais, à tous les niveaux, j’ai tendance à me sentir plus d’accord avec le dandy du XIXème plutôt que l’hébété du XXIème Christophe Dechavanne, ami des chiens et des chiennes si j’en crois ce que mes yeux voient lorsque l’écran de télévision s’ouvre sur la première chaîne française. Jean Cocteau notait à juste titre : "Si je préfère les chats aux chiens, c’est parce qu’il n’y a pas de chat policier". N’en doutons pas : comme il existe des humains intelligents (comme moi) et des humains non-intelligents (comme toi), nous trouvons dans la nature des animaux intelligents et des animaux cons. Considérons ce chat comme cobaye (pas le cochon d‘inde), posons le minou face à nous et posons lui une question choisie complètement au hasard : "A quelle période tombe l’assomption ?".


Le félin, avec une rapidité digne de Lance Armstrong dans le col du Galibier et un calme indigne de Lance Armstrong dans le col de l’utérus de sa femme, de répondre : "Mi-août".


A l’inverse, prenons cette grenouille (quoique, sept c‘est beaucoup, une suffira) et soumettons la à l‘identique énigme : "A quelle période tombe l’assomption ?"


Et le batracien de rétorquer : "Quoi !?".


Répétons lui, la grenouille est nouille : "A quelle période tombe l’assomption ?"


La grenouille : "Quoi !?"


"A QUELLE PERIODE TOMBE L’A-SSOMP-TION !?!?"


La grenouille : "Quoi !?"


Conclusion : soit la grenouille est sourde, soit elle se fout de ma gueule. En tout cas, elle n’est pas futée… contrairement au bison, mais ça c’est une autre histoire…


Sur ce, veuillez agréer, chers clébards, chers maîtres, cher Nicolas, chère Carla, cher Christophe, cher Lance, chère grenouille, l’expression de tous mes honneurs… en particulier l’expression d’honneur que vous envoie mon bras…

Par Tadhg
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Lundi 22 septembre 2008

Adolescence ! Qu’es-tu, sinon un tombeau d’enfants ? Infâme mouroir de la pureté bambine, tu viens clore le passage le plus tendre de l’âge tendre. Certains te voient comme un lien vers la vie adulte, je te considère comme une première mort. Il suffit de s’attarder sur les attardés qui te représentent pour me comprendre, moi, pauvre adulte qui n‘a pas eu la malchance de te sentir passer. Ah, les jeunes ! Ces êtres si singuliers et pourtant si pluriels. Bêtises montées sur deux pattes dont le seul objectif est de différer de parents qu’ils sont condamnés à imiter. A force de paraître différents, vous oubliez d’être et, en fin de compte, vous vous ressemblez tous. Est-ce la faute à la bouillie brouhahahesque que vous faîtes endurer à vos esgourdes trouées de ferrailles, qui me font regretter la découverte du vaccin contre le tétanos, si votre stupidité dénuée de candeur que des plus naïfs que vous seraient tentés de vous attribuer est si consternante ? Est-ce la faute à l’accoutrement que vous osez appeler tenue vestimentaire si vous peinez à vous éveillez aux vrais sentiments que des anciens vivants, qui paraissent pourtant moins morts que vous, ont décrits en écrits, dépeints en peinture jusqu’à déchanter en chants pour les plus récents partis ?


Le jeune, rebelle à force de se le persuader, vêtu de vêtements soit trop larges, soit trop serrés, mal adaptés à son corps soit trop large, soit pas assez, erre en R.E.R, se désabuse en bus ou se choisit une indépendante mobilité en mobylette. Une des races les plus énervantes étant ces skateurs squatteurs de lieux publics qui nous imposent outre leur insupportable présence, leur débilité de laides acrobaties aussi réussies qu’un cadeau de fête de mère d’enfant trisomique manchot. Ces figures, et pas uniquement leurs acnéens visages, sont applaudies par leurs insignifiants amis, calques les uns des autres, la mèche grasse couvrant un front plat qui ne laisse aucun doute sur leur quotient intellectuel, le piercing et le joint à la bouche, et bien sûr le vide abyssal qui se lit dans l’orbite. Pour faire plus ‘tendance‘, le jeune se trouve un surnom moins démodé que celui que ses parents, anciens soixante-huitards néo-bourgeois, lui ont donné. Maxence, Maxou pour sa mère, devient Max pour les potes. Anne-Clémentine De Châteaufort, Anne-Clém pour Daddy, devient ACDC quand elle enfile son déguisement gothique. Jean-Frédéric, orphelin adopté par ses stériles parents de substitution, adopte le pseudonyme de Jeff quand il crie à ses geôliers « Vous êtes pas mes ramps, OK ! ».
Et le leader et dealer du groupe d’amis, l’insipide Alexandre, P’tit con pour son père, anciennement Alex quand il ne sortait pas avec Alexandra, Princesse pour sa maman, déjà Alex pour ses amies, ne l’oblige, par souci de non-confusion sur le répertoire des téléphones portables, à s’inventer assez ingénieusement son nouveau blase : Axel ! Le jeune est compliqué, n‘est-ce pas ? Et toute cette petite bande se réunit n’importe où, mais trop souvent dans mon champ de vision, pour se sentir exister sur des roulettes, en attendant les autres roulettes, celles de la maison de retraite. Et je le demande : Qu’est la pratique du skate-board sinon un écho de celle du patinage artistique, même s’il ne l’est guère, artistique ? Les prouesses se succèdent, les patineurs assument leur ringardise, le doute plane moins longtemps qu‘eux en tenue à paillettes, les rouli-planchistes ne l’assument pas. Dans les années 80, Marty McFly pratiquait déjà ce loisir et on pensait que les années 2000 verraient éclore des planches volantes. Que nenni ! Le skate est à l’image du skateur : il n’évolue pas ! Si le patineur est ringard, le skateur est au stade au-dessus : il est beauf ! Ce n’est pas du tout la même chose. Le ringard a mauvais goût, le beauf a mauvais goût et impose son mauvais goût aux autres. Un fan de Johnny Hallyday qui s’enferme chez lui pour écouter son ragoût est ringard. Le même fan qui fait hurler sa stéréo, fenêtres ouvertes, en reprenant en chœur les insipides paroles de l’idole des anciens jeunes est un beauf. Le patineur fait ses conneries sur sa banquise aménagée. Le skateur les fait devant mes yeux… Le soir tombe, le chef de la bande doit rentrer à la maison parentale. Le chef de famille a instauré un couvre-feu depuis que le jeune Axel, le couvre-chef vissé sur la tête, a été condamné par ses professeurs à faire une troisième troisième. Car vous ne le savez peut-être pas, mais il triple Axel...



Sur ce, veuillez agréer, cher Maxou, chère Anne-Clém, cher orphelin, cher p‘tit con, chère princesse, chers calques, l’expression de tous mes honneurs… en particulier l’expression d’honneur que vous envoie mon bras...

Par Tadhg
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Mardi 16 septembre 2008

Nous y sommes ! La météo met tes hauts d’été au placard. Ton bonnet sur la tête, ton beau nez sous l’écharpe. Le temps se couvre, toi aussi. Les écoliers ressortent leurs feuilles, les arbres perdent les leurs, le temps est gris, les gens aigris. L’été terminé, l‘automne arrive à point nommé pour se faire l‘écho de notre humeur maussade. Untel se plaint déjà du crachin, untel se repasse et ressasse ses souvenirs de vacances, untel planifie ses prochaines, un téléphone sonne, je vais répondre…


Me revoilà, c’était une erreur.


L’automne est vraiment une saison particulière. Détestée par nombre de nos cons de citoyens, je me sens obligé de l‘aimer. Quand l’hiver lui succède, les enfants sont ravis à l’idée de jouer aux boules de neige et de recevoir leurs cadeaux du Père Noël… ainsi que quelques boules dans la gueule. Quand le printemps arrive, les amours naissent comme des bourgeons qui éclosent et disparaîtront dans quelques mois, les humains se posent sur leurs chaises et boivent des verres, les oiseaux se posent sur leurs pattes et mangent des vers. Quand l’été se pointe, enfants comme adultes se félicitent de pouvoir savourer leurs froids sorbets sur les plages de sables chauds où ils affalent leurs tièdes existences. Mais l’automne ! Ah non, personne ne se satisfait de le voir arriver. L’automne, c’est la rentrée des classes d’élèves et des classes moyennes. L’automne, c’est la saison maudite : la fête des morts, la fête des enfants encitrouillés qui viennent vider les caisses de sucreries des honnêtes gens pour remplir celles des dentistes, la commémoration de l’armistice de la Première qui nous permet de célébrer qui !?… encore des morts !… L’automne, il pleut des cordes : c’est la saison idéale pour se pendre. L’averse se déclenche, l’orage gronde, le vent secoue les arbres, les feuilles tombent sur les tombes, le tonnerre et les gouttes se conjuguent : la pluie d’eau tonne. Elle s’écoule du gris caniveau jusqu’au sombre égout. Et je me dis : le caniveau déteste-t-il le noir et blanc ? Ca se discute ! En revanche, il me semble que l’égout hait les couleurs ! Et ça, ça ne se discute pas ! A la radio, le bon vieux Joe nous parle de cette saison qui n’existe que dans le nord de l’Amérique - qu’il veut avoir et qu’il aura - et nous apprend que là-bas, on l’appelle l’été indien. Pendant ce temps-là, les Indiens - les vrais - souffrent de la sécheresse ou de la mousson. Le genre de personnes jamais contentes. Il pleut, ils se plaignent, il ne pleut plus, ils se plaignent encore… Au Journal Télévisé, j’en ai vu mourir à cause des inondations ! Pourtant, il y a quelques mois, un autre reportage expliquait qu’ils priaient leurs Dieux bizarroïdes pour avoir une bonne drache. Car, oui, en Inde, le mélange orage-eau dresse espoir. Les Indiens considèrent l’eau nouvelle comme une amie, mais je le demande : l’eau vieille, est-ce ennemie ? Pas de sectarisme : eau jeune, eau vieille, eau liquide, eau solide… : toutes ces eaux sont égaux… non, égales ! Hélas, cela n’empêche pas l’eau solide de toujours prendre un air supérieur et hautain. La prétentieuse Blanche-neige, s‘adressant à son entourage, maudissait ses compagnons hauts comme trois pommes empoisonnées en ces termes : "Neige a donc tant vécu que pour sept nains, famille !?"… Je m’égare de l‘Est. Il faut que je récite Le Cid… non, il faut que je reste lucide ! Comme toutes les saisons de la vie, l’automne passera et l’hiver prendra le relais. Dès l’aube levée, les clochards matinaux jauniront la blancheur de la neige en écrivant leurs surnoms à l’urine dans la poudreuse, les automobilistes n’ayant pas encore noirci de leurs pneus le sol et mon moral. Le courageux, bien qu’arabe, Rachid, épicier de son état et de son quartier sortira de chez lui pour rentrer sa livraison d’huile (la fameuse huile de Rachid). Constatant le refroidissement de la planète, il interpellera une de ses compagnes:


- "Il fi fro dihors ! Ramine mon gilet !".


- "Li bleu ?" questionnera la femme de Ménache (car notre homme se nomme Rachid Ménache).


- "Non !" rétorquera le polygame et de poursuivre "Ti sais pourtant qui li bleu c’est pour l’automne ! Là, il neige, c’est li vert !"


 

Sur ce, veuillez agréer, chers amis, chers ennemis, chers autres, l’expression de tous mes honneurs… en particulier l’expression d’honneur que vous envoie mon bras…

Par Tadhg
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