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Lundi 22 septembre 2008 1 22 /09 /Sep /2008 20:35

Adolescence ! Qu’es-tu, sinon un tombeau d’enfants ? Infâme mouroir de la pureté bambine, tu viens clore le passage le plus tendre de l’âge tendre. Certains te voient comme un lien vers la vie adulte, je te considère comme une première mort. Il suffit de s’attarder sur les attardés qui te représentent pour me comprendre, moi, pauvre adulte qui n‘a pas eu la malchance de te sentir passer. Ah, les jeunes ! Ces êtres si singuliers et pourtant si pluriels. Bêtises montées sur deux pattes dont le seul objectif est de différer de parents qu’ils sont condamnés à imiter. A force de paraître différents, vous oubliez d’être et, en fin de compte, vous vous ressemblez tous. Est-ce la faute à la bouillie brouhahahesque que vous faîtes endurer à vos esgourdes trouées de ferrailles, qui me font regretter la découverte du vaccin contre le tétanos, si votre stupidité dénuée de candeur que des plus naïfs que vous seraient tentés de vous attribuer est si consternante ? Est-ce la faute à l’accoutrement que vous osez appeler tenue vestimentaire si vous peinez à vous éveillez aux vrais sentiments que des anciens vivants, qui paraissent pourtant moins morts que vous, ont décrits en écrits, dépeints en peinture jusqu’à déchanter en chants pour les plus récents partis ?


Le jeune, rebelle à force de se le persuader, vêtu de vêtements soit trop larges, soit trop serrés, mal adaptés à son corps soit trop large, soit pas assez, erre en R.E.R, se désabuse en bus ou se choisit une indépendante mobilité en mobylette. Une des races les plus énervantes étant ces skateurs squatteurs de lieux publics qui nous imposent outre leur insupportable présence, leur débilité de laides acrobaties aussi réussies qu’un cadeau de fête de mère d’enfant trisomique manchot. Ces figures, et pas uniquement leurs acnéens visages, sont applaudies par leurs insignifiants amis, calques les uns des autres, la mèche grasse couvrant un front plat qui ne laisse aucun doute sur leur quotient intellectuel, le piercing et le joint à la bouche, et bien sûr le vide abyssal qui se lit dans l’orbite. Pour faire plus ‘tendance‘, le jeune se trouve un surnom moins démodé que celui que ses parents, anciens soixante-huitards néo-bourgeois, lui ont donné. Maxence, Maxou pour sa mère, devient Max pour les potes. Anne-Clémentine De Châteaufort, Anne-Clém pour Daddy, devient ACDC quand elle enfile son déguisement gothique. Jean-Frédéric, orphelin adopté par ses stériles parents de substitution, adopte le pseudonyme de Jeff quand il crie à ses geôliers « Vous êtes pas mes ramps, OK ! ».
Et le leader et dealer du groupe d’amis, l’insipide Alexandre, P’tit con pour son père, anciennement Alex quand il ne sortait pas avec Alexandra, Princesse pour sa maman, déjà Alex pour ses amies, ne l’oblige, par souci de non-confusion sur le répertoire des téléphones portables, à s’inventer assez ingénieusement son nouveau blase : Axel ! Le jeune est compliqué, n‘est-ce pas ? Et toute cette petite bande se réunit n’importe où, mais trop souvent dans mon champ de vision, pour se sentir exister sur des roulettes, en attendant les autres roulettes, celles de la maison de retraite. Et je le demande : Qu’est la pratique du skate-board sinon un écho de celle du patinage artistique, même s’il ne l’est guère, artistique ? Les prouesses se succèdent, les patineurs assument leur ringardise, le doute plane moins longtemps qu‘eux en tenue à paillettes, les rouli-planchistes ne l’assument pas. Dans les années 80, Marty McFly pratiquait déjà ce loisir et on pensait que les années 2000 verraient éclore des planches volantes. Que nenni ! Le skate est à l’image du skateur : il n’évolue pas ! Si le patineur est ringard, le skateur est au stade au-dessus : il est beauf ! Ce n’est pas du tout la même chose. Le ringard a mauvais goût, le beauf a mauvais goût et impose son mauvais goût aux autres. Un fan de Johnny Hallyday qui s’enferme chez lui pour écouter son ragoût est ringard. Le même fan qui fait hurler sa stéréo, fenêtres ouvertes, en reprenant en chœur les insipides paroles de l’idole des anciens jeunes est un beauf. Le patineur fait ses conneries sur sa banquise aménagée. Le skateur les fait devant mes yeux… Le soir tombe, le chef de la bande doit rentrer à la maison parentale. Le chef de famille a instauré un couvre-feu depuis que le jeune Axel, le couvre-chef vissé sur la tête, a été condamné par ses professeurs à faire une troisième troisième. Car vous ne le savez peut-être pas, mais il triple Axel...



Sur ce, veuillez agréer, cher Maxou, chère Anne-Clém, cher orphelin, cher p‘tit con, chère princesse, chers calques, l’expression de tous mes honneurs… en particulier l’expression d’honneur que vous envoie mon bras...

Par Tadhg
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Mardi 16 septembre 2008 2 16 /09 /Sep /2008 23:49

Nous y sommes ! La météo met tes hauts d’été au placard. Ton bonnet sur la tête, ton beau nez sous l’écharpe. Le temps se couvre, toi aussi. Les écoliers ressortent leurs feuilles, les arbres perdent les leurs, le temps est gris, les gens aigris. L’été terminé, l‘automne arrive à point nommé pour se faire l‘écho de notre humeur maussade. Untel se plaint déjà du crachin, untel se repasse et ressasse ses souvenirs de vacances, untel planifie ses prochaines, un téléphone sonne, je vais répondre…


Me revoilà, c’était une erreur.


L’automne est vraiment une saison particulière. Détestée par nombre de nos cons de citoyens, je me sens obligé de l‘aimer. Quand l’hiver lui succède, les enfants sont ravis à l’idée de jouer aux boules de neige et de recevoir leurs cadeaux du Père Noël… ainsi que quelques boules dans la gueule. Quand le printemps arrive, les amours naissent comme des bourgeons qui éclosent et disparaîtront dans quelques mois, les humains se posent sur leurs chaises et boivent des verres, les oiseaux se posent sur leurs pattes et mangent des vers. Quand l’été se pointe, enfants comme adultes se félicitent de pouvoir savourer leurs froids sorbets sur les plages de sables chauds où ils affalent leurs tièdes existences. Mais l’automne ! Ah non, personne ne se satisfait de le voir arriver. L’automne, c’est la rentrée des classes d’élèves et des classes moyennes. L’automne, c’est la saison maudite : la fête des morts, la fête des enfants encitrouillés qui viennent vider les caisses de sucreries des honnêtes gens pour remplir celles des dentistes, la commémoration de l’armistice de la Première qui nous permet de célébrer qui !?… encore des morts !… L’automne, il pleut des cordes : c’est la saison idéale pour se pendre. L’averse se déclenche, l’orage gronde, le vent secoue les arbres, les feuilles tombent sur les tombes, le tonnerre et les gouttes se conjuguent : la pluie d’eau tonne. Elle s’écoule du gris caniveau jusqu’au sombre égout. Et je me dis : le caniveau déteste-t-il le noir et blanc ? Ca se discute ! En revanche, il me semble que l’égout hait les couleurs ! Et ça, ça ne se discute pas ! A la radio, le bon vieux Joe nous parle de cette saison qui n’existe que dans le nord de l’Amérique - qu’il veut avoir et qu’il aura - et nous apprend que là-bas, on l’appelle l’été indien. Pendant ce temps-là, les Indiens - les vrais - souffrent de la sécheresse ou de la mousson. Le genre de personnes jamais contentes. Il pleut, ils se plaignent, il ne pleut plus, ils se plaignent encore… Au Journal Télévisé, j’en ai vu mourir à cause des inondations ! Pourtant, il y a quelques mois, un autre reportage expliquait qu’ils priaient leurs Dieux bizarroïdes pour avoir une bonne drache. Car, oui, en Inde, le mélange orage-eau dresse espoir. Les Indiens considèrent l’eau nouvelle comme une amie, mais je le demande : l’eau vieille, est-ce ennemie ? Pas de sectarisme : eau jeune, eau vieille, eau liquide, eau solide… : toutes ces eaux sont égaux… non, égales ! Hélas, cela n’empêche pas l’eau solide de toujours prendre un air supérieur et hautain. La prétentieuse Blanche-neige, s‘adressant à son entourage, maudissait ses compagnons hauts comme trois pommes empoisonnées en ces termes : "Neige a donc tant vécu que pour sept nains, famille !?"… Je m’égare de l‘Est. Il faut que je récite Le Cid… non, il faut que je reste lucide ! Comme toutes les saisons de la vie, l’automne passera et l’hiver prendra le relais. Dès l’aube levée, les clochards matinaux jauniront la blancheur de la neige en écrivant leurs surnoms à l’urine dans la poudreuse, les automobilistes n’ayant pas encore noirci de leurs pneus le sol et mon moral. Le courageux, bien qu’arabe, Rachid, épicier de son état et de son quartier sortira de chez lui pour rentrer sa livraison d’huile (la fameuse huile de Rachid). Constatant le refroidissement de la planète, il interpellera une de ses compagnes:


- "Il fi fro dihors ! Ramine mon gilet !".


- "Li bleu ?" questionnera la femme de Ménache (car notre homme se nomme Rachid Ménache).


- "Non !" rétorquera le polygame et de poursuivre "Ti sais pourtant qui li bleu c’est pour l’automne ! Là, il neige, c’est li vert !"


 

Sur ce, veuillez agréer, chers amis, chers ennemis, chers autres, l’expression de tous mes honneurs… en particulier l’expression d’honneur que vous envoie mon bras…

Par Tadhg
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